« Hommes enceints » : où s’arrêtera la révolution sexuelle ?

« Vous serez comme des dieux »… - Photo© Twitter

« Hommes enceints » : où s’arrêtera la révolution sexuelle ?

« Les hommes aussi peuvent être enceints. » Voilà ce que prétend une affiche du Planning familial, illustrée par un dessin représentant un « couple » d’hommes enlacés sur un fauteuil, l’un d’entre eux caressant son ventre rond comme le font habituellement les femmes durant la grossesse.

Ce n’est pas la première fois que cette association d’extrême-gauche, porte-étendard du « droit » à l’avortement, défraye la chronique. L’an dernier le Planning familial avait ainsi promu le « polyamour » auprès de la jeunesse. « Savoir que j’ai le droit de jouer dans la cour de récré, c’est bien. Savoir que j’ai le droit d’avoir plusieurs amoureuxeuses aussi », pouvait- on lire sur un visuel de l’association s’adressant aux enfants.

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Une organisation largement subventionnée par le contribuable, peut donc se permettre d’insulter le réel et d’offenser les femmes – qui depuis toujours ont le privilège de la maternité – sans être inquiétée. Cette énième provocation du Planning familial s’inscrit dans un processus dont on peut situer le début – la révolution sexuelle qui a accompagné et suivi mai 68 – mais dont on est bien en peine de dire quand et comment il prendra fin. Après la maternité pour les hommes et le polyamour, quelle sera la prochaine revendication ? Le droit d’entretenir une relation zoophile avec son animal de compagnie ? Bien sûr, une telle hypothèse choque et semble – à ce jour – invraisemblable. Toutefois, qui aurait cru, il y a encore dix ans de cela, que l’on eût pu prétendre, sans craindre le ridicule, que la grossesse pouvait être aussi le fait des hommes ?

RÉVOLUTION ET  CONTRE-RÉVOLUTION

« Mon corps, mon choix »

Durant près de quinze siècles, les pays européens, dont la France, ont été façonnés par la conception chrétienne du mariage : un homme et une femme s’unissent, jusqu’à ce que la mort les sépare, devant leur Créateur afin de fonder un foyer où ils recevront et éduqueront les enfants que Dieu leur enverra. Certes, des écarts personnels étaient, hélas, possibles, mais cette conception du mariage et de la famille n’a été que très ponctuellement et marginalement remise en cause jusqu’à la révolution libertaire des années 1960.

Poussés par la sensualité – qui exige de « jouir sans entrave » - et l’orgueil – qui proclame qu’il n’y a « ni Dieu, ni maître » - les héritiers de l’Occident chrétien ont alors déconstruit, dans les tendances d’abord, dans les lois ensuite, la morale qu’ils avaient reçue de leurs pères. Le déclin de la pudeur avec l’apparition de la mini-jupe et le surgissement du nudisme ainsi que la banalisation de la fornication – insidieusement renommée « amour libre » - contribuèrent à dissocier dans les esprits la sexualité de la procréation. En France, la légalisation de la contraception chimique (loi Neuwirth de 1967), puis de l’avortement (loi Veil de 1975), ne furent rien d’autre que la consécration légale du célèbre slogan féministe : « mon corps, mon choix ».

Le mariage n’étant plus l’occasion de fonder un nouveau foyer, mais de consacrer socialement la reconnaissance de sentiments réciproques – par nature temporaires – le divorce se banalisa inéluctablement. Cependant, jusqu’à l’aube des années 2000, le modèle normal des relations sexuelles et conjugales – fussent-elles éphémères – restaient celles unissant un homme à une femme.

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Puissance de la rhétorique et complicité des médias

Les choses changèrent avec la promotion de l’homosexualité au seuil du nouveau millénaire. L’épidémie du VIH donna l’occasion au monde homosexuel d’apparaître comme une victime, ce qui offre, en quelque sorte, un statut de « vache sacré » dans le monde post-moderne. Alors que, selon toute logique, une telle épidémie aurait dû conduire à une remise en cause de la débauche caractéristique du monde homosexuel (multiplicité des partenaires), elle devint, par une habile opération de manipulation, l’occasion de faire de la débauche en question un tabou absolu. Dénoncer les conséquences des comportements homosexuels, c’était, selon les critères du politiquement correct, faire preuve d’insensibilité envers le sort des victimes du SIDA !

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Protégée par son nouveau statut de victime, l’homosexualité devait encore être promue. Ce fut bientôt le cas, notamment via les « Gays pride ». Par la grâce de la rhétorique, et la bienveillance des médias, pratiquer la sodomie n’était plus une source de honte, mais de fierté ! Quant à ceux qui se montraient rétifs à cette révolution morale inédite – même durant l’antiquité païenne nul n’a songé à accorder une égale reconnaissance aux relations homosexuelles – voilà qu’ils étaient soudain accusés d’être contre l’« amour », sorte de mot talisman réduit à sa dimension strictement sentimentale, et donc subjective.

Si ce sont les sentiments qui fondent le mariage – et non plus la volonté de constituer une famille - pourquoi ne pas l’ouvrir aux personnes de même sexe qui protestent d’un amour mutuel ? Fidèle à la tactique du salami, qui consiste à obtenir par tranches ce que l’on ne saurait obtenir en un bloc, le lobby homosexuel a d’abord exigé – et obtenu – le PACS, puis le mariage et le droit à adopter des enfants. Ce que l’on pouvait alors concevoir comme l’achèvement du processus de démolition de la morale chrétien, n’était pourtant qu’une étape annonçant d’autres bouleversements.

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« Vous serez comme des dieux »…

A l’ordre naturel créé par Dieu, auquel il convient de se conformer, succédèrent bientôt les désordres nés d’une subjectivité délibérément athée. Après la complémentarité des sexes, c’est maintenant l’altérité sexuelle qui est niée. La volonté, érigée en souveraine absolue, permet de choisir comme compagnon ou compagne de vie une personne appartenant au même sexe que soi.

Cette même volonté – à laquelle nulle limite ne saurait, d’après l’homme post-moderne, être opposée – doit donc aussi permettre de se définir comme homme ou comme femme indépendamment de son sexe. C’est le triomphe du « genre » – subjectif – sur le sexe biologique : l’on est, ce que l’on prétend être. Rappeler l’absurdité et la vacuité d’une prétention aussi illusoire, c’est, d’après les sectateurs de la théorie du genre, heurter le droit illimité à disposer de soi-même.

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En mutilant leurs organes génitaux, les personnes transgenres portent ainsi jusqu’à ses conséquences ultimes le cri d’ordre « mon corps, mon choix », proclamée par les féministes 50 ans plus tôt. Ce faisant, y compris sans en avoir pleinement conscience, elles participent à une gravissime rébellion de la créature contre Son Créateur. Ce n’est pourtant, là encore, qu’une étape…

En prétendant créer un nouvel homme – y compris à partir de chimères animales – le transhumanisme, qui déjà se profile, reprend à son compte, sans même s’en cacher, la promesse de l’antique serpent : « Vous serez comme des dieux. » Si cette révolution a pour origine et pour fin le Père du mensonge, la contre-révolution ne pourra donc se faire que par un retour à Celui qui est la Vérité.

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