Ouvrages islamistes : une tribune demande une action ferme de l’État

Propositions photos : CC0 Public Domain, via PxHere.

Ouvrages islamistes : une tribune demande une action ferme de l’État

Dans une tribune publiée dans Le Figaro le vingt-sept février dernier, une quarantaine de personnalités publiques appellent l’État à agir face à la circulation d’ouvrages islamistes jugés dangereux.

Parmi les signataires figurent notamment la philosophe Élisabeth Badinter et Mickaëlle Paty. Les auteurs saluent d’abord la décision récente du ministère de l’Intérieur d’interdire un manuel destiné aux adolescentes musulmanes, mais ils estiment que cette mesure ne constitue qu’une première étape.

Les signataires rappellent que l’ouvrage Moi, la jeune Musulmane vient d’être interdit en raison des messages discriminatoires qu’il contient. Ils citent notamment l’un de ses passages : « Le Prophète a maudit les femmes qui agissent comme des hommes ». S’ils saluent cette interdiction, ils soulignent que « c’est un premier pas qui en appelle bien d’autres ».

Les associations La France en Partage et Le Temps de l’Enfance expliquent avoir signalé au procureur de la République trois autres ouvrages islamistes toujours disponibles à la vente. Ces livres — La Voie du Musulman, Al Muwatta et Péchés et Guérison — contiennet, selon eux, des passages particulièrement violents. Les auteurs de la tribune alertent notamment sur des citations qu’ils jugent extrêmement graves : « Celui qui change de religion, coupez-lui la tête », ou encore « lorsque vous tuez, faites-le bien. Lorsque vous égorgez, faites-le bien ».

Les signataires dénoncent le fait que ces textes soient présentés sans distance critique ni contextualisation historique. Selon eux, les auteurs « ne font pas l’exégèse de hadiths ou de sourates » et ne rappellent pas qu’il s’agit de pratiques liées à « une époque (…) celle du Moyen Âge arabo-islamique, société guerrière, expansionniste, colonisatrice et esclavagiste ».

Dans leur tribune, ils mettent également en garde contre une vision prescriptive de ces textes religieux. Les signataires affirment que « dans ces livres, le Djihad se conjugue au présent et au futur, pas au passé ou au conditionnel », ce qui reviendrait à présenter cette notion « comme un devoir éternel ».

Les auteurs expriment aussi leur indignation face à la diffusion de ces ouvrages dans des circuits publics. Ils se disent « effarés de constater que des fonds publics sont utilisés pour promouvoir des ouvrages légitimant la mise à mort des homosexuels, la conversion forcée, l’action violente ». Leur inquiétude est renforcée par le fait que certains de ces livres seraient accessibles via la plateforme du Pass Culture.

Pour eux, cette situation constitue un problème majeur de cohérence dans l’action publique. Ils rappellent avec force que « la religion, islamique ou autre, n’autorise aucun ouvrage à déroger au respect de la Loi » et que « la foi n’est pas une dispense, un passe-droit. Encore moins sur fonds publics ».

Les signataires appellent donc à des mesures rapides. Ils estiment qu’« il est grand temps que les services de l’État remplissent leurs missions et fassent respecter la loi », notamment en exigeant le retrait de ces ouvrages et en poursuivant leurs diffuseurs si nécessaire.

Dans le même esprit, ils demandent également une réaction claire des autorités religieuses musulmanes. Ils déclarent attendre « que la Grande Mosquée de Paris condamne les passages illégaux de ces ouvrages et demande leur retrait de toutes les librairies islamiques et des bibliothèques des établissements scolaires musulmans ».

Enfin, les auteurs concluent en appelant à une vigilance collective face à ce qu’ils décrivent comme une progression de l’islamisme radical. Selon eux, « la vigilance de lanceurs d’alerte et d’associations a permis de soulever ces scandales ». Ils exhortent les pouvoirs publics à agir avec davantage de fermeté afin d’éviter que ces idéologies violentes ne s’installent dans le paysage culturel.

Source : https://www.lefigaro.fr/vox/societe/livres-islamistes-ce-n-est-pas-un-mais-une-dizaine-d-ouvrages-qu-il-faut-interdire-ou-poursuivre-20260227