« Nous sommes en danger » : l’appel désespéré d’un collège face à la violence
Dans une lettre ouverte adressée à la ministre de l’Éducation nationale, les professeurs et personnels éducatifs du collège Lucie-Aubrac d’Argenteuil décrivent un quotidien devenu intenable. Ils témoignent à la fois de la peur, du découragement, mais aussi de leur attachement profond à leur vocation.
Tout commence par un choc : « Il y a 4 jours, une collègue a reçu une menace de mort : une lettre anonyme faisant référence à la mort de Samuel Paty, celle de Dominique Bernard et la sienne. »
Les enseignants rappellent que cette rupture grave n’est pas un accident isolé, mais l’aboutissement d’une longue détérioration : « Un cap est franchi. Agressions physiques, jets de mortiers, harcèlements graves entre élèves, intrusion, dégradation du matériel, rodéo urbain devant le collège au moment de la sortie de classe, volontés délibérées d’atteintes physiques au personnel… ces mises en danger n’ont pas été considérées. »
La menace de mort reçue par leur collègue devient pour eux un point de non-retour, un appel au sursaut : « Cette situation a atteint son paroxysme dans notre établissement avec cette menace de mort […]. Nous demandons […] un sursaut de prise de conscience et une action immédiate. »
Le sentiment qui domine désormais dans l’établissement est celui d’un malaise profond :
« Nous sommes dans le désarroi. La peur, la colère et la lassitude se sont immiscées dans notre collège. »
Ils décrivent une violence quotidienne, dont la menace soudaine révèle toute l’ampleur : « La violence est partout. […] Nous sommes décidés à ne plus subir, à ne plus être qu’un simple fusible qu’on remplace quand on n’est plus capable d’assurer nos fonctions. »
« L’escalade de la violence nous échappe […]. Aujourd’hui, nous risquons notre vie pour travailler et nous faisons courir des risques aux élèves. Nous ne sommes pas protégés. L’irrespect est quotidien, l’agressivité permanente », déplorent les auteurs.
À cela s’ajoute un autre mal : le sentiment d’abandon par les institutions elles-mêmes :
« Le mépris de certains élèves, mais aussi des institutions qui ignorent notre profond mal-être […] nous scandalise. »
Ils évoquent aussi la rupture de confiance et la fatigue morale : « Les moqueries, la suffisance et l’indifférence des élèves nous laissent démunis. La confiance est brisée. »
Pourtant, derrière l’épuisement, demeure un attachement indéfectible aux élèves les plus volontaires : « C’est un scandale […] ceux qui en pâtissent en première ligne sont les élèves qui veulent s’en sortir et apprendre de manière sereine. »
Les signataires rappellent alors le cœur de leur mission, et la raison pour laquelle ils n’abandonnent pas : « Sachez que nous aimons profondément notre métier […] nous avons décidé de rester à Argenteuil, non pas par dépit mais par vocation. »
Et de conclure par un cri d’alarme : « Nos revendications sont simples : la protection policière de notre collègue, ne plus subir de menaces, être considérés et respectés dans nos fonctions […] des sanctions contre ceux qui commettent la violence. Nous sommes en danger. »
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