Le Pass Culture diffuse-t-il des livres appelant à tuer ?
Peut-on appeler « culture » la diffusion auprès d’adolescents de livres contenant des appels au djihad, à la mort des apostats ou à la violence contre les homosexuels ? La question a été officiellement posée au gouvernement par le député Nicolas Dragon, le 24 février 2026, à propos de plusieurs ouvrages accessibles par l’intermédiaire du Pass Culture, dispositif destiné notamment aux mineurs et financé par l’argent public.
Parmi les titres signalés figurent La Voie du musulman d’Abou Bakr al-Djazaïri, Péchés et guérison d’Ibn al-Qayyim et Al-Muwatta de l’imam Mâlik. Des passages particulièrement graves leur sont attribués : « Lorsque vous tuez, faites-le bien. Lorsque vous égorgez, faites-le bien » ; ou encore : « Celui qui change de religion, coupez-lui la tête »
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La question ne porte donc pas sur le droit des chercheurs à consulter des documents anciens, ni sur la liberté des historiens d’étudier les doctrines religieuses. Elle concerne la promotion, avec de l’argent public, de textes présentés comme des références spirituelles et proposés à de jeunes lecteurs sans véritable appareil critique.
Une étrange complaisance occidentale
L’islamologue Alexandre del Valle voit dans cette situation une profonde contradiction. « L’Occident défend des valeurs qualifiées d’ultra-libérales, tout en laissant une large place à des courants salafistes qui contestent frontalement ces mêmes valeurs », affirme-t-il, allant jusqu’à parler d’une véritable « pathologie sociale ».
Le diagnostic est des plus réalistes. L’État français se montre parfois extrêmement vigilant devant la présence d’une croix, d’une crèche ou d’une référence chrétienne dans l’espace public. En revanche, face à des écrits prônant la guerre religieuse ou l’exécution de celui qui abandonne sa religion, il invoque soudain la complexité juridique, le contexte historique et la liberté d’expression.
Dans sa réponse du 14 avril, le gouvernement reconnaît que les propos incriminés sont violents, mais estime qu’ils correspondent à « un système de valeurs ancien dont nous pouvons nous féliciter qu’il ne soit plus le nôtre sept siècles plus tard ». Péchés et guérison a finalement été suspendu temporairement du Pass Culture, sans être définitivement exclu.
Des textes anciens, mais des lectures bien actuelles
Alexandre del Valle reconnaît que « toutes les religions comportent des passages violents, et l’on en retrouve notamment dans l’Ancien Testament ». Mais il rappelle aussitôt une différence essentielle : les sociétés occidentales proposent désormais de leur héritage judéo-chrétien « une lecture principalement historique, symbolique et pacifiée ».
Le problème apparaît lorsque des textes ou des interprétations littérales restent proposés comme des normes applicables aujourd’hui. Alexandre del Valle cite notamment Youssef al-Qaradawi, figure historique des Frères musulmans, qu’il surnomme « le pape des musulmans d’Europe ». Dans ses écrits, les circonstances permettant de recourir au meurtre sont longuement exposées. On peut ainsi lire dans Le licite et l’illicite en Islam : « Il n’y a pas de dialogue entre nous et les Juifs, hormis par le sabre et le fusil. »
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La jeunesse, cible privilégiée de l’entrisme islamiste
Enfin, le véritable danger ne réside pas seulement dans quelques phrases violentes isolées. Il tient à la diffusion progressive d’une vision du monde portée notamment par les réseaux issus des Frères musulmans, qui cherchent depuis longtemps à s’implanter dans la société par l’éducation, la culture, les associations et la formation des consciences. Leur influence ne s’exerce pas toujours par des discours ouvertement extrémistes ; elle avance souvent sous le couvert de la religion, de la lutte contre les discriminations ou du respect des identités.
Les plus jeunes constituent naturellement une cible privilégiée. À l’âge où le jugement se forme, où l’adolescent cherche des repères et une appartenance, proposer sans mise en garde des ouvrages présentant le djihad, le rejet des chrétiens ou la condamnation à mort de l’apostat comme des prescriptions religieuses peut produire des effets profonds. Il ne s’agit donc pas simplement d’un débat abstrait sur la liberté d’expression, mais d’une question de protection morale, intellectuelle et civique.
L’État a ici un devoir clair. Il ne peut pas financer, directement ou indirectement, des instruments d’influence susceptibles de favoriser l’embrigadement islamiste. Sa mission n’est pas seulement de réagir après la radicalisation, mais de prévenir celle-ci en empêchant que l’argent public serve à rendre accessibles aux mineurs des textes contraires au bien commun et à la dignité humaine.
Une société qui abandonne ses enfants à de telles influences renonce à son premier devoir. Protéger la jeunesse, ce n’est pas censurer arbitrairement : c’est exercer le discernement nécessaire pour empêcher que la liberté ne devienne le cheval de Troie de ceux qui entendent saper les fondements mêmes de notre civilisation chrétienne.
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Photos : Pass Culture, ESJPRO Montpellier, CC0, via Wikimedia Commons.
Frères musulman, Utcanbei, CC0, via Wikimedia Commons.
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