Photo : Le denier de César. Philippe de Champaigne, Public domain, via Wikimedia Commons
Ils voulaient effacer Dieu… il revient par les écrans
À la veille de Pâques, plusieurs films et séries semblent témoigner d’un frémissement inattendu : le catholicisme, longtemps caricaturé ou effacé de l’espace culturel, réapparaît sur les écrans. Lourdes, Sacré Cœur, Les Dimanches, The Chosen ou encore Compostelle ne relèvent pas seulement d’un phénomène médiatique. Ils indiquent peut-être une soif plus profonde : celle d’un monde privé de repères, mais pas encore totalement fermé au mystère.
Dans une tribune publiée dans les colonnes du Figaro, Laurence de Charette rappelle d’abord que le christianisme fut longtemps présent dans l’imaginaire collectif, même chez ceux qui ne fréquentaient plus les églises : « Officiellement chassé de la vie quotidienne et des affaires de l’État, Dieu et ses représentants terrestres siégeaient encore en bonne place dans l’imaginaire commun, et donc dans l’espace culturel. »
Cette présence culturelle ne signifiait pas toujours une adhésion. Elle pouvait être contestée, moquée, discutée. Mais elle existait. Le cas de Don Camillo en donne une image populaire : « L’Église est alors encore une figure constitutive du paysage commun, et ses références, même ardemment contestées, sont connues de tous. »
Le problème actuel est plus grave que la contestation. Il ne s’agit plus seulement de refuser l’héritage chrétien, mais de ne même plus le connaître. Laurence de Charette décrit ce passage avec justesse : « La situation actuelle est encore différente : elle relève de l’ignorance, dans tous les sens du terme, de l’effacement, de l’oubli… »
C’est dans ce désert culturel que certains films prennent une importance particulière. Ils ne remplacent ni la catéchèse, ni la liturgie, ni la foi vécue. Mais ils peuvent rouvrir une fenêtre. L’auteur note ainsi : « Dans ce cadre ont récemment éclos une série de productions au regard neuf, qui rencontrent des succès inattendus. »
Le succès de Sacré Cœur, consacré aux révélations de Marguerite-Marie Alacoque, semble confirmer cette attente : « Sacré Cœur, docu-fiction sur les révélations de Marguerite-Marie Alacoque, a fait salles combles, avec près de 400 000 entrées, un événement qui accrédite l’idée d’une certaine attente du public. »
Il faut donc se réjouir de cette percée, non par naïveté, mais parce que l’imaginaire chrétien est une porte d’entrée vers plus grand que lui. Comme l’écrit Laurence de Charette : « Il faut se réjouir de cette percée, qui offre des petits bouts de l’imaginaire chrétien à un monde qui en est désormais privé. »
La question n’est pas seulement religieuse. Elle est aussi civilisationnelle. Oublier Pâques, c’est oublier une part essentielle de notre intelligence collective : « Ne connaître de Pâques que son lundi de congé en rab, que l’on croie au ciel ou qu’on n’y croie pas, c’est jeter aux oubliettes des centaines d’années de réflexion et de méditation. »
Car la culture chrétienne n’est pas un décor ancien. Elle a façonné notre manière de concevoir la vie, la mort, le pardon, la dignité, le soin, la liberté intérieure. Sans elle, l’homme moderne risque de se croire libre, alors qu’il devient simplement disponible pour toutes les modes du moment.
Le cinéma ne convertira pas à lui seul les âmes. Mais il peut préparer le regard, rendre visible ce qui avait été effacé, redonner aux jeunes générations quelques mots, quelques images, quelques signes. Et c’est déjà beaucoup.
La conclusion de Laurence de Charette est donc essentielle : « La culture chrétienne n’offre pas la rencontre, mais elle en façonne l’écrin. » Car Pâques n’est pas un souvenir religieux : c’est une lumière offerte au monde, même lorsque le monde ne sait plus la nommer.
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