ENTRETIEN – Atilio Faoro : « Assistons-nous à l'émergence d'une nouvelle forme de persécution antichrétienne ? »
Alors que la France entre dans une période de profondes incertitudes politiques et culturelles, les prochaines échéances électorales pourraient placer au cœur du débat un projet de société porté notamment par Jean-Luc Mélenchon et La France Insoumise (LFI). Au-delà des questions économiques ou institutionnelles, c'est une conception radicalement nouvelle de l'identité nationale qui est proposée : celle d'une « Nouvelle France », multiculturelle et déconstructrice, appelée à rompre avec ce que ses promoteurs considèrent comme les héritages de la « Vieille France ».
Pour de nombreux observateurs, cette opposition dépasse le seul terrain politique. Elle touche aux fondements historiques, culturels et spirituels de notre pays. Dans ce contexte, une question s'impose : le christianisme, qui a façonné la France pendant plus de quinze siècles, est-il devenu l'une des principales cibles de cette entreprise de déconstruction culturelle ?
C'est à cette interrogation qu'a voulu répondre Atilio Faoro, chercheur et journaliste catholique installé en France depuis 1993. Après plusieurs mois d'enquête, il vient de publier aux éditions Avenir de la Culture un ouvrage au titre volontairement provocateur : La persécution antichrétienne a commencé.
S'appuyant sur des faits documentés, des décisions de justice, des statistiques officielles, des rapports publics et de nombreux exemples tirés de l'actualité française, l'auteur ne se contente pas de dresser un inventaire des atteintes au christianisme. Il cherche à répondre à une question plus fondamentale : assistons-nous à l'émergence d'une nouvelle forme de persécution, moins spectaculaire que celles des siècles passés, mais tout aussi profonde dans ses effets sur la société ?
Nous lui avons demandé d'exposer la démarche qui l'a conduit à écrire ce livre, la logique de son enquête et les raisons pour lesquelles il estime que cette question dépasse largement le seul cadre de l'Église pour concerner l'avenir même de la civilisation française.
Pourquoi avoir choisi un titre aussi fort que La persécution antichrétienne a commencé ?
Il est des mots dont l'emploi exige une particulière prudence. Celui de « persécution » est de ceux-là. L'histoire de l'Église lui confère une gravité singulière, tant il évoque le souvenir des martyrs des premiers siècles, des missionnaires massacrés pour avoir annoncé l'Évangile ou, plus près de nous, des innombrables chrétiens qui, aujourd'hui encore, paient de leur liberté, parfois de leur vie, leur fidélité au Christ.
C'est pourquoi j'ai longtemps hésité avant de donner à cet ouvrage le titre La persécution antichrétienne a commencé. Je savais qu'il susciterait des objections. Beaucoup estimeraient sans doute que le mot est excessif, puisque les catholiques français ne connaissent ni les prisons, ni les camps, ni les exécutions sommaires qui frappent leurs frères du Moyen-Orient, d'Afrique ou d'Asie.
Cette objection mérite d'être entendue. Mais elle appelle une autre question, peut-être plus fondamentale : la persécution commence-t-elle vraiment au moment où le sang des martyrs est versé ? Ne peut-elle revêtir, avant d'atteindre ce degré ultime de violence, des formes plus discrètes, plus diffuses, plus difficiles à discerner, mais non moins réelles ?
C'est précisément cette interrogation qui est à l'origine de ce livre.
Qu'est-ce qui vous a conduit à vous poser cette question ? Y a-t-il eu un événement déclencheur ?
Au cours des dernières années, l'actualité française a été jalonnée d'événements qui, pris isolément, pouvaient paraître secondaires : une profanation d'église, une décision de justice ordonnant le déplacement d'une statue, une polémique autour d'un spectacle blasphématoire, une nouvelle législation portant atteinte à la liberté des établissements catholiques, une proposition de loi remettant en cause le secret de la confession. Chaque affaire semblait relever d'un contexte particulier et s'effaçait rapidement devant la suivante.
Or c'est précisément là que réside la difficulté. L'information contemporaine fragmente les événements. Elle les isole les uns des autres, les réduit à l'état de faits divers et empêche d'en percevoir la cohérence. Ce qui apparaît anodin lorsqu'on l'observe séparément prend une tout autre signification lorsque l'on rassemble patiemment les pièces du dossier.
C'est ce travail que j'ai entrepris.
Votre livre ne repose donc pas sur une impression, mais sur une véritable enquête ?
Pendant plusieurs mois, j'ai confronté les statistiques officielles, les décisions des juridictions françaises, les rapports parlementaires, les déclarations publiques, les données du ministère de l'Intérieur, les analyses d'historiens, de juristes et de prélats. Je ne cherchais pas à démontrer une thèse préétablie. Je voulais simplement répondre, avec le plus d'objectivité possible, à une question que beaucoup de catholiques se posent désormais sans toujours oser la formuler : assistons-nous à l'émergence d'une nouvelle forme de persécution antichrétienne ?
Vous aviez d’abord envisagé un livre centré sur l’actualité récente. Pourquoi avez-vous finalement choisi de remonter beaucoup plus loin dans l’histoire ?
Lorsque j'ai commencé ce travail, je pensais consacrer l'essentiel de l'ouvrage à l'actualité récente. Les profanations d'églises, les décisions de justice dirigées contre les symboles religieux, les attaques contre la liberté de l'Église ou encore la multiplication des blasphèmes semblaient déjà fournir une matière considérable.
Très vite, pourtant, une évidence s'est imposée. Ces événements, si nombreux soient-ils, ne permettent pas à eux seuls de comprendre ce qui arrive aujourd'hui au christianisme français. Ils en sont les manifestations les plus visibles ; ils n'en constituent pas la cause profonde.
Aucune civilisation ne passe, en quelques années, du titre de « Fille aînée de l'Église » à une situation où ses symboles religieux sont contestés jusque devant les tribunaux. Une telle évolution est nécessairement le fruit d'une histoire longue. Elle procède d'une succession d'étapes qui, chacune, a contribué à éloigner progressivement la société française de ses racines chrétiennes.
C'est pourquoi ce livre ne s'ouvre pas sur l'actualité, mais sur l'histoire.
Le premier chapitre revient sur les grandes ruptures qui ont marqué les relations entre la France et l'Église : la Réforme, les Lumières, la Révolution française, la Terreur, l'anticléricalisme de la IIIᵉ République et les grandes lois qui ont progressivement marginalisé l'Église dans la vie publique. Il ne s'agit évidemment pas de proposer une histoire générale de la France, mais de rappeler qu'une persécution ne surgit jamais spontanément. Elle est presque toujours précédée d'une évolution des idées, des institutions et des mentalités.
Cette perspective historique éclaire d'un jour nouveau les événements les plus récents. Beaucoup de décisions qui nous surprennent aujourd'hui apparaissent alors comme l'aboutissement logique d'un mouvement engagé depuis longtemps.
Vous consacrez ensuite un chapitre entier à la laïcité. En quoi celle-ci peut-elle devenir, selon vous, un instrument d’effacement du christianisme ?
Le deuxième chapitre est consacré à un phénomène qui occupe une place centrale dans le débat public français : la laïcité. Là encore, il importe de dissiper un malentendu. Le livre ne remet nullement en cause le principe d'une juste distinction entre les autorités civiles et religieuses. Cette distinction appartient d'ailleurs à la tradition chrétienne elle-même, depuis que le Christ a dit : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». En revanche, il montre comment une certaine interprétation militante de la laïcité fait de l’athéisme une religion d’Etat et est progressivement devenue un instrument permettant d'effacer les manifestations publiques de l'héritage chrétien.
Le lecteur y retrouvera de nombreuses affaires qui ont marqué ces dernières années : croix retirées de l'espace public, statues de la Vierge contestées devant les tribunaux, crèches de Noël interdites, maires renonçant aux traditions chrétiennes ou encore décisions administratives qui semblent toujours aller dans le même sens. Pris isolément, chacun de ces épisodes pourrait paraître secondaire ; réunis dans un même chapitre, ils révèlent une remarquable cohérence.
Votre analyse ne s’arrête pas aux symboles religieux. Pourquoi considérez-vous que la remise en cause de la morale chrétienne fait également partie de cette persécution ?
Il serait illusoire de croire que la persécution d'une religion consiste uniquement à attaquer ses lieux de culte ou ses ministres. Une civilisation chrétienne peut également être affaiblie en remettant progressivement en cause les principes moraux qui en constituent le fondement : le mariage, la famille, la transmission de la vie, l'autorité des parents, la dignité de la personne humaine ou encore la liberté de conscience des professionnels de santé. Là encore, le livre ne procède pas par affirmations générales ; il suit pas à pas les principales évolutions législatives qui ont transformé en profondeur le paysage moral de notre pays.
Cette progression n'a rien d'artificiel. Elle répond à une conviction acquise au cours de cette enquête : les attaques dirigées contre le christianisme ne relèvent pas toutes de la même nature. Certaines concernent les institutions, d'autres les symboles, d'autres encore les consciences. Pour les comprendre, il faut accepter de dépasser la succession des faits divers et retrouver la logique qui les relie.
Mais vous abordez surtout les manifestations contemporaines les plus visibles de ce que vous appelez la persécution antichrétienne. Quels sont, selon vous, les phénomènes les plus préoccupants ?
C'est seulement après avoir posé ce cadre historique, juridique et moral dont je viens de parler que le livre entreprend en fait d'examiner les phénomènes les plus spectaculaires de notre époque : le recours au blasphème comme instrument culturel, la multiplication des profanations, les attaques contre les églises, le développement du péril islamiste et, enfin, l'essor d'un satanisme qui ne se dissimule plus dans la clandestinité mais revendique désormais une visibilité publique et bénéficie parfois d'une étonnante complaisance institutionnelle.
Revenons à la question du titre de l’ouvrage. Vous dites qu’avant le versement du sang, la persécution revêt des formes plus difficiles à discerner, mais non moins oppressives pour les victimes. Qu'entendez-vous par là ?
Cela peut paraître excessif. Comment parler de persécution dans un pays où les catholiques continuent de célébrer librement la messe, où les églises demeurent ouvertes et où nul n'est emprisonné pour avoir professé sa foi ?
Cet apparent démenti mérite une réponse sérieuse. Elle repose sur ce que l'on entend exactement par le mot « persécution ». Si l'on ne retient de cette notion que les violences physiques, les emprisonnements ou les exécutions, force est de reconnaître que la France ne connaît pas aujourd'hui une situation comparable à celle des premiers siècles de l'Église ou à celle que vivent encore tant de chrétiens au Nigéria, au Pakistan, au Nicaragua ou en Corée du Nord.
Mais l'histoire montre également que les persécutions ne commencent presque jamais par les supplices. Elles sont précédées d'une évolution plus profonde, qui modifie progressivement le regard porté sur la religion. Avant d'être combattue par les armes, une foi est souvent discréditée dans les esprits. Elle cesse d'être considérée comme un bien collectif ; elle devient suspecte, encombrante, parfois même présentée comme un obstacle au progrès. Peu à peu, ce qui relevait hier de l'évidence devient une exception tolérée, puis une survivance que certains jugent souhaitable de faire disparaître.
Cette transformation est sans doute l'un des phénomènes les plus marquants de notre époque.
Pendant des siècles, le christianisme a constitué en France le cadre naturel de la vie collective. On pouvait être croyant ou non ; mais nul ne contestait sérieusement que notre civilisation, notre droit, notre culture, notre conception de la personne humaine, de la famille ou de la dignité des plus faibles avaient été profondément façonnés par l'Évangile. Aujourd'hui, cette évidence s'efface. Plus encore, il arrive que cet héritage soit présenté comme la source d’interdits et des discriminations qu'il conviendrait précisément de dépasser.
C'est là que réside, me semble-t-il, la nouveauté de la situation présente.
La persécution contemporaine n'a pas toujours besoin de frapper les corps ; elle cherche d'abord à transformer les consciences. Elle ne procède pas nécessairement par interdictions brutales ; elle agit plus volontiers par une succession de décisions administratives, de réformes législatives, de jurisprudences, de campagnes culturelles ou de pressions sociales qui, sans supprimer officiellement la liberté religieuse, en restreignent progressivement l'exercice concret.
Le cardinal Robert Sarah a résumé cette réalité avec une remarquable lucidité lorsqu'il déclarait, en 2025, que « la persécution physique que subissent certains peuples en Afrique ou en Asie est moins grave que la persécution idéologique que vous subissez en Occident », ajoutant que l'on « anesthésie » peu à peu les valeurs chrétiennes. Cette formule a pu surprendre. Elle mérite pourtant d'être méditée. Elle ne nie nullement les souffrances héroïques des martyrs d'Orient ; elle attire l'attention sur une autre forme de combat, moins spectaculaire mais peut-être plus difficile à soutenir précisément parce qu’il exige une fidélité de tous les jours.
Ce caractère flou de la persécution explique sans doute pourquoi tant de nos contemporains peinent encore à discerner l'ampleur du phénomène. L'information moderne procède par fragments. Chaque semaine apporte son lot de controverses, de décisions judiciaires, de polémiques ou de faits divers qui, aussitôt apparus, disparaissent de l'actualité. Le regard peine à embrasser l'ensemble. On discute d'une croix retirée ici, d'une crèche interdite là, d'une profanation ailleurs, sans toujours percevoir que ces événements participent d'une évolution plus générale.
Or c'est précisément l'une des ambitions de ce livre : restituer cette vision d'ensemble.
Mais les victimes, elles, ne souffrent que d’une atteinte isolée à leurs droits ou à la paix religieuse…
L'accumulation des faits change leur signification. Une profanation isolée relève du vandalisme ; des centaines de profanations répétées dessinent un climat. Une décision de justice peut toujours être discutée ; lorsqu'elles vont presque toutes dans la même direction, elles finissent par révéler une tendance. Une atteinte ponctuelle à la liberté de l'Église peut sembler accidentelle ; lorsqu'elle s'inscrit dans une série de remises en cause touchant les symboles, la morale, les établissements catholiques, l'enseignement ou les sacrements, elle invite nécessairement à une réflexion plus large.
Il ne s'agit pas d'imaginer un vaste complot où tous les acteurs poursuivraient consciemment un même objectif. Une telle explication serait aussi simple qu'insuffisante. Les phénomènes historiques sont infiniment plus complexes. Ils résultent de décisions prises par des responsables différents, au nom de motivations parfois contradictoires. Pourtant, ces décisions produisent souvent un effet commun que personne n'avait peut-être explicitement recherché, mais qui n'en est pas moins réel.
Cet effet, le lecteur le découvrira au fil des pages : le christianisme cesse progressivement d'être regardé comme une composante constitutive de l'identité française pour devenir une conviction privée, appelée à s'effacer toujours davantage de l'espace public.
Mais cela ne dessine-t-il pas un vrai changement de paradigme sociétal ?
Oui, tout à fait. Et c'est pourquoi la question qui traverse ce livre dépasse largement le seul intérêt des catholiques. Elle concerne tous ceux qui s'interrogent sur l'avenir de notre civilisation. Une nation peut-elle durablement conserver son identité lorsqu'elle renonce aux fondements spirituels qui l'ont façonnée ? Peut-elle continuer à défendre la dignité de la personne, la liberté de conscience, la solidarité ou le sens du bien commun si elle en oublie progressivement les sources ?
Ces interrogations ne relèvent pas de la nostalgie. Elles touchent au devenir même de la France.
Mais ne craignez-vous pas que ce constat ne contribue plutôt à nourrir le défaitisme des premiers affectés, c’est-à-dire des catholiques ?
Reconnaître une évolution préoccupante ne signifie pas céder au pessimisme. L'histoire chrétienne enseigne au contraire que la lucidité est la première condition de l'espérance. On ne répond jamais efficacement à une crise que l'on refuse d'abord de nommer. C'est dans cet esprit, et dans cet esprit seulement, que ce livre a été écrit.
C'est également la raison pour laquelle j'ai souhaité que cet ouvrage puisse être lu non seulement par les fidèles, mais aussi par les prêtres, les responsables diocésains et les évêques. Leur mission première est naturellement d'annoncer l'Évangile et de conduire les âmes vers le Christ. Mais cette mission suppose également un discernement sur les réalités de leur temps. L'Église a toujours su lire les signes des époques qu'elle traversait. Il me semble que celle-ci appelle, plus que jamais, un regard lucide, serein et courageux.
Vous dites, à la fin de votre livre, qu'il ne s'agit pas seulement d'un débat d'idées, mais d'une véritable « question de conscience ». Pourquoi ?
Évoquant les menaces qui pèsent aujourd'hui sur le christianisme en Occident, le Cardinal Robert Sarah n'a pas seulement dénoncé une persécution idéologique. Il a ajouté ces mots, qui devraient être médités bien au-delà des cercles catholiques : « Le silence serait une trahison. »
Une trahison. Le terme est d'une extrême force. Il ne désigne pas une erreur d'appréciation, ni même un manque de courage passager. Il renvoie à un devoir auquel on manquerait au moment précis où il devrait être accompli.
Ces paroles ne visent pas à distribuer des blâmes. Elles invitent chacun à un examen de conscience.
Les évêques, parce qu'ils sont les successeurs des Apôtres, devront naturellement se demander si leur parole a été à la hauteur des défis de leur temps. Les prêtres pourront s'interroger sur la manière dont ils ont préparé les fidèles à affronter ces épreuves. Les laïcs eux-mêmes devront examiner s'ils ont assumé leur vocation propre dans la cité.
Mais cet examen de conscience ne concerne pas uniquement l'Église. Car une civilisation ne se défait jamais sans la participation, active ou passive, de ses élites. Les gouvernants, les magistrats, les enseignants, les journalistes, les responsables culturels, les intellectuels et tous ceux qui influencent le bien commun ne pourront pas davantage se soustraire à cette introspection.
Ils devront répondre devant l'Histoire des choix qu'ils auront faits. Et, pour ceux qui croient en Dieu, il existe une autre perspective encore, plus exigeante. L'Histoire n'est jamais le dernier juge. Devant Lui, la question ne sera pas de savoir si nos prises de position furent populaires, mais si nous avons servi la vérité selon notre conscience.
Quel fruit attendez-vous de la diffusion de cet ouvrage ?
Je n'ai pas voulu écrire un ouvrage polémique. J'ai voulu écrire un livre documenté. Avant de condamner, il faut établir les faits ; avant d'appeler à agir, il faut comprendre ; avant de porter un jugement moral, il faut offrir à chacun les éléments d'un discernement honnête.
Si cet ouvrage peut contribuer, même modestement, à éveiller cette réflexion, à susciter cet examen de conscience et à encourager une parole plus libre, plus lucide et plus courageuse, alors il aura atteint son véritable objectif.
Car les générations futures ne nous demanderont sans doute pas seulement ce que nous pensions de notre époque.
Elles nous demanderont ce que nous avons fait lorsque les premiers signes de cette crise sont apparus. Et il est permis de croire que la même question nous sera un jour posée par Celui qui est le Seigneur de l'Histoire.
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