École à la maison : nos enfants ne sont pas la propriété de l’État !

Photo : Franzfoto, CC BY-SA 3.0 et Feldbrahi, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons finalisée par Canva pro.

École à la maison : nos enfants ne sont pas la propriété de l’État !

La réforme de l’instruction en famille continue de susciter une profonde indignation. Ce n’est pas une querelle de chiffres ni une simple question administrative : c’est la remise en cause d’une liberté fondamentale, celle des parents de choisir l’éducation de leurs enfants. Dans une tribune signée par des parlementaires de divers horizons politiques et par de nombreuses voix de la société civile, les signataires lancent un cri d’alarme. Ils rappellent que l’instruction en famille « ne menace ni la République, ni la cohésion nationale » – au contraire, elle en est l’expression vivante.

Dès les premières lignes, la tribune prend soin de rappeler des figures illustres qui ont grandi dans le cadre de l’instruction en famille : Pierre Curie, Marguerite Yourcenar, Agatha Christie, Jean d’Ormesson… Ces exemples suffisent à démontrer que ce choix éducatif n’est ni marginal, ni suspect, mais qu’il a, au contraire, contribué à former des esprits brillants, indépendants, créateurs. Comment alors le réduire aujourd’hui à une pratique marginalisée, soumise à suspicion ?

Les auteurs s’appuient sur le récent rapport de la Cour des comptes, qu’ils jugent « aussi accablant qu’éclairant » sur les effets de la réforme. Derrière le langage froid de l’administration, c’est une volonté politique implacable qui apparaît : « L’État a délibérément érigé des obstacles pour dissuader les familles d’exercer une liberté fondamentale. » Les mots sont forts, mais ils traduisent un sentiment largement partagé : celui d’un passage en force, où l’État semble considérer les familles non comme des partenaires mais comme des suspects

Pourtant, la liberté d’enseignement est solidement ancrée dans notre droit. Elle est inscrite dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, dont l’article 26.3 affirme sans ambiguïté que « les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants ». Ce n’est pas une formule vague, mais une garantie internationale, un socle de civilisation. Et les signataires de la tribune de rappeler avec force : « Ce n’est pas à l’État d’imposer, c’est aux parents de choisir. »

Ce basculement opéré en 2021 a donc valeur de fracture. L’instruction en famille, autrefois libre et encadrée par un régime déclaratif, est devenue une exception soumise à autorisation. Désormais, les familles doivent quémander ce qui devrait leur revenir de plein droit. Un droit naturel, le plus sacré de tous : instruire leurs enfants. La dignité des parents est atteinte quand on leur demande de justifier, presque de s’excuser, de vouloir assumer eux-mêmes leur rôle éducatif.

Les chiffres sont accablants. En trois ans, le nombre d’enfants instruits en famille est passé de 72 000 à 30 644 – une baisse de près de 60 %. Ces dizaines de milliers d’enfants et de familles, où sont-ils passés ? Quelles souffrances cachent ces statistiques froides ? Combien d’élèves contraints de retourner dans un système scolaire où ils avaient souffert de harcèlement, de phobie, de handicap mal pris en charge ? Combien de familles humiliées d’avoir vu leur demande rejetée sans explication solide ? Et cela alors même que plus de 90 % des contrôles pédagogiques sont jugés satisfaisants. La qualité de l’instruction n’est pas en cause : c’est le principe même de la liberté qui est attaqué.

À cette injustice s’ajoute une inégalité insupportable. Selon les académies, les chances d’obtenir l’autorisation varient du simple au triple : à Créteil, un enfant sur quatre seulement a vu son autorisation reconduite ; à Aix-Marseille, ils sont trois sur quatre. Peut-on admettre que l’accès à un droit fondamental dépende du lieu où l’on habite ? Faut-il vraiment, pour instruire ses enfants, avoir la chance d’habiter « la bonne région » ?

Face à ces dérives, les signataires de la tribune réaffirment un principe simple mais vital : l’instruction en famille n’est pas une menace pour la République. Elle ne divise pas la nation, elle ne nourrit pas le séparatisme. Elle répond à des situations humaines concrètes : des enfants fragilisés par le harcèlement, paralysés par la phobie scolaire, empêchés par un handicap ou une itinérance familiale. Elle est souvent temporaire, le temps de retrouver un équilibre. Elle est, en réalité, une respiration nécessaire, une soupape de liberté dans un système qui ne peut pas, malgré ses efforts, répondre à toutes les situations.

En conclusion, la tribune trace un horizon exigeant : celui d’une République qui ne redoute pas la liberté, qui fait confiance à ses citoyens, qui ne transforme pas l’uniformité en dogme ni la conformité en vertu. Une République sûre d’elle-même, parce qu’elle sait qu’une société ne se renforce pas en écrasant ses diversités, mais en les respectant.

Ce combat pour l’instruction en famille dépasse les clivages politiques et les querelles partisanes. Il touche à l’essentiel : la place des parents dans la République. Et la République ne sera fidèle à elle-même que si elle ose redonner confiance aux familles, au lieu de leur tourner le dos.

Source : https://www.lefigaro.fr/vox/societe/instruction-en-famille-il-est-temps-de-restaurer-une-liberte-francaise-20250725

Photo: AI-generated-9781021_1280_Image par Tyli Jura de Pixabay